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2023 s’annonce comme une bonne année

2 janvier 2023

Pork commentary - Jim Long, Président CEO Genesus Inc

L’année 2022 est terminée. Ce fut une année intéressante pour la production porcine mondiale. Les prix élevés des aliments pour animaux partout dans le monde ont réduit les profits pour la production porcine. Dans de nombreuses régions, les prix élevés des aliments du bétail l’ont emporté sur les prix des porcs, entraînant des pertes financières. Les producteurs qui ont produit leurs propres aliments ont eu une bonne année si l’on considère l’ensemble du revenu agricole.


USA – Amérique du Nord


En 2023, l’inventaire porcin est inférieur à celui de l’année dernière. Au 1er décembre, les États-Unis ont perdu 1,4 million de têtes par rapport à l’année précédente et 4,3 millions par rapport à il y a deux ans.


À notre avis, les prix élevés des aliments par rapport aux prix des porcs entraînent des niveaux de production encore plus faibles à court terme.


Les problèmes de main d’œuvre, les nouvelles pressions sur le bien-être animal (Proposition 12), les maladies, l’augmentation des coûts de construction, les taux d’intérêt plus élevés, les anciennes installations, … freinent beaucoup l’enthousiasme pour d’éventuelles expansions.


Il y aura moins de bœuf américain en 2023. L’USDA prévoit une baisse de – 7%. Même si ce n’est pas si important que ça, il y aura néanmoins moins de bœuf en 2023. Cela soutiendra les prix du porc.


La volaille fait face à un grand défi avec la grippe aviaire. Les dernières données montrent 57 millions de volailles euthanasiées aux États-Unis. Cela ne semble pas s’améliorer. Les prix des œufs et de la dinde ont bondi considérablement jusqu’à maintenant, et les poulets à griller n’ont pas été aussi durement touchés. La hausse des prix de la volaille soutient les prix du porc.


Nous ne prévoyons aucune croissance dans le secteur porcin au Canada. Cela n’a pas changé depuis cinq ans, et nous nous attendons à ce que cela continue.


Au Mexique, les données sur les inventaires ne sont pas des plus fiables. Le prix est la réalité de l’offre. La semaine dernière, le prix moyen national au Mexique était de 44,75 MXN/kg (2.20 €/kg). L’écart de prix entre les États-Unis et le Mexique est de l’ordre de 100 $ par porc. Pour nous, cela signifie que le Mexique est à court de viande porc, ce qui pousse les prix à la hausse. C’est la raison pour laquelle d’énormes quantités de porc américain sont importées et continueront de l’être.



Productivité


En 2022, 124,673 millions de porcs ont été abattus aux USA.


En 2022, 20,911 millions de porc ont été abattus au Canada.


Soit un total de 146,584 millions de porcs.


Le troupeau porcin reproducteur combiné États-Unis-Canada en juin-juillet 2021 était de 7,482 millions de truies.


Si on divise 146,584 millions de porc charcutiers par 7,482 millions on obtient 19,6 porcs abattus par truie.


La combinaison des données des États-Unis et du Canada permet de saisir les porcs importés du Canada, qu’il s’agisse de porcelets ou de porcs pour l’abattage.


La moyenne de 19,6 indique la réalité de la production. La moitié est donc inférieure à 19,6.


Les truies qui meurent ne produisent pas de porcs – la mortalité moyenne des truies aux États-Unis est de 14 à 15 % - la moitié des producteurs a des taux de mortalité plus élevés.


Le taux de mortalité sevrage-vente est de 9.5 %. La moitié des producteurs a des taux de mortalité plus élevés.


Le taux de mortalité des truies comme le taux de mortalité sevrage-vente ont augmenté.


Une génétique plus résiliente présente de véritables avantages économiques.



Europe 2023


L’Europe compte plus de 10 millions de truies. C’est un important producteur et exportateur mondial. Nous avons écrit en Octobre 2021 que les conditions économiques de l’industrie européenne mèneraient à la liquidation d’un million de truies avant que cela ne soit terminé. Le rapport d’inventaire n’a pas été publié pour la période de Novembre à Décembre de cette année pour tous les pays. L’Allemagne, qui est le deuxième plus gros producteur en Europe, a publié son inventaire il y a une semaine. Il y a eu une baisse de 400 000 truies au cours des deux dernières années.


Le nombre de porcs est en baisse en Europe, ce qui entraîne des prix des porcs élevés, mais avec des coûts élevés pour les aliments. En Espagne la semaine dernière le prix était de 1,645 €/kg. L’Europe a eu un avantage sur le plan des exportations tout au long de l’été et au début de l’automne grâce à la baisse des prix des porcs par rapport aux États-Unis et au Canada. Maintenant, avec des prix du porc plus bas aux USA qu’en Europe, on peut s’attendre à plus d’exportations américaines.


En 2023, nous nous attendons à ce que les prix du porc continuent d’être élevés en Europe en raison de la diminution de l’offre de porc. Avec moins de porc, il y a moins à exporter.



Chine 2023


La levée des restrictions liées au COVID-19 et le grand nombre d’infections par le COVID-19 ont exercé une forte pression sur le prix du porc en Chine. À notre avis, les malades ne mangent pas beaucoup. Les gens ne vont pas au restaurant de peur de contracter la COVID. Le prix a chuté de plus de 100 $ par porc, mais il demeure élevé à 17,48 RMB/kg (2,41 € le kg vif). D’après ce que nous avons observé plus tôt, la Chine a libéré ses réserves de porc. Il n’y en a plus.


 Qui sait ce qui arrivera ensuite. Nous croyons que les pertes financières de la fin de 2021 et de 2022 ont réduit la production chinoise de dizaines de millions de porcs. C’est pourquoi le prix du porc chinois est si élevé.


Alors que le COVID-19 ralentit, nous nous attendons à ce que le prix du porc en Chine se redresse, car il y aura encore beaucoup moins de porcs qu’il y a un an. Nous nous attendons à plus d’importations de porc.



2023


Nous voyons moins de porcs en Amérique du Nord, moins de porcs en Europe, moins de porcs en Chine, trois régions qui représentent environ 75 à 80 % de la production mondiale de porc. À notre avis, cette baisse entraînera des prix très élevés pour les porcs.


Nous espérons qu’en 2023, notre industrie continuera d’évoluer pour produire du porc au meilleur goût. C’est le véritable moteur de la demande des consommateurs. C’est un moyen d’accroître la consommation par habitant et les profits durables.


Une viande de porc offrant une meilleure qualité gustative sera vendue pour plus que des viandes de porc sans antibiotiques ou issues de truies aux normes bien-être. Le goût l’emporte sur tout. Les consommateurs votent avec leur argent.



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